Stop désinformation !
Thierry Meyssan à propos de la bataille de Damas
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La modernité est devenue maîtresse dans l’art de mettre en avant certains mots dès lors que la réalité qu’ils recouvrent a disparu ou est en train de disparaître. Ainsi l’on vante quotidiennement, dans les cénacles politiciens et les instances médiatiques, la sacro-sainte « liberté » alors que nos sociétés sont chaque jour un peu plus liberticides, contrôlées, surveillées, aliénantes et totalitairement « politiquement correct ». De la même façon, le terme de « solidarité » est aujourd’hui employé à torts et à travers, mis à toutes les sauces alors que la solidarité réelle, concrète et vécue entre les individus et les communautés est désormais quasi-inexistante. Dans la société capitalo-libérale de l’individualisme-roi et de la guerre de tous contre tous, le mot « solidarité », pourtant superbe„ ne sert plus, au mieux, qu’à tenter de légitimer les plus misérables « charity-buisness » et les plus niais « préchi-précha » bien pensants, et, au pire, à masquer les plus sordides intentions, du néo-colonialisme économique à l’interventionnisme occidentalo-centré (c’est ainsi par « solidarité » envers le peuple libyen qu’on à massivement bombardé son sol…) en passant par le mercantilisme déguisé. C’est donc notamment pour rompre avec cette situation tragique et délétère qu’a été fondée « Solidarité - Identités » ONG européenne à vocation internationale qui se définit comme « une association loi de 1901 à vocation caritative et humanitaire ayant pour but d’apporter aide et soutien aux peuples en lutte pour leur survie, la sauvegarde de leur culture et la défense de leur identité. » Depuis sa naissance, « SOLID » affiche ses spécificités par rapport aux organisations caritatives et humanitaires « classiques »: bénévolat absolu, frais de fonctionnement pris en charge par les volontaires eux-mêmes, refus du misérabilisme et de la victimisation, de la démagogie et de l’occidentalo-centrisme, encouragement à l’autonomie, à l’ethno-différentialisme et à la préservation des identités et de la diversité culturelle. Dans cette optique, l’association a déjà effectué des missions auprès des minorités serbes du Kosovo, des Karen de Birmanie en lutte contre la junte Birmane, et des orphelins du Kenya. Le prochain projet de mission de l’association consiste à apporter aide et assistance aux communautés Boers d’Afrique du Sud, aujourd’hui reléguées dans la précarité et la pauvreté et confrontées à de permanentes agressions et persécutions. La philosophie qui sous-tend ces actions est la défense d’un monde pluriel et polyphonique face au rouleau compresseur du mondialisme financier. Ce travail au service des peuples libres désireux de continuer à vivre sur leur sol ancestral selon leurs lois, leurs traditions et leurs valeurs est également un moyen, modeste mais efficace et concret, de lutter contre ce fléau planétaire qu’est l’immigration de masse, phénomène croissant encouragé par le Capital pour détruire l’homogénéité interne et la diversité externe des peuples et ainsi transformé le monde en un vaste marché grisâtre peuplé « d’Homo economicus » parfaitement interchangeables. « Le développement là-bas ou le chaos partout! » est d’ailleurs l’un des mots d’ordre de SOLID, rejoignant par là les théorisations avant-gardistes et révolutionnaires de la « Nouvelle Droite » mettant en lumière les liens étroits existants entre l’Europe et le Tiers-Monde pour défendre un monde multipolaire et divers face à tous les impérialismes uniformisateurs. (cf notamment « Europe – Tiers Monde: même combat », Alain de Benoist, Ed. Robert Laffont, 1986.) Cette démarche prolonge, au niveau international, l’action politique et sociale de Casapound Italia, mouvement auquel SOLID est étroitement associé. Pour que ces actions perdurent, se développent et se multiplient, pour que le monde ne se transforme pas en une immense tour de Babel et que les peuples puissent collaborer et rester indépendants chez eux : soutenez Solidarité-Identités ! Numéro IBAN: FR76 3000 4014 0200 0102 0743 295 BIC: BNPAFRPPSU
Mis à jour (Mardi, 10 Juillet 2012 12:17) Guerre en Syrie ? : "On va vers une espèce de folie" - Jean Bricmont
Kemi Seba à l'Université Amadou Hampâté Bâ
La CIA livre des armes aux rebellespar Peter Blunschi/Olivia Fuchs - Des agents de la CIA surveillent en Turquie les livraisons d'armes aux rebelles syriens. Les États-Unis veulent éviter qu'elles ne tombent entre les mains des membres d'al-Quaida![]() .
Le gouvernement américain avait jusqu'à présent toujours démenti fournir des armes aux rebelles syriens. Il a néanmoins admis que des pays voisins le faisaient. Mais comme le révèle le «New York Times» jeudi, les USA jouent un rôle bien plus important: depuis plusieurs semaines, des agents de la CIA au sud de la Turquie contrôlent quels types d'armes sont fournis aux opposants au régime de Bachar al-Assad.
Les armes en question proviendraient essentiellement de la Turquie, de l'Arabie saoudite et du Quatar. Elles sont financées par des réseaux clandestins, comme les frères musulmans syriens, qui les font passer de l'autre côté de la frontière. Et tout cela, sous le contrôle des États-Unis. Le but principal des USA seraient d'éviter que ces armes ne tombent entre les mains des membres d'al-Quaida. Par le biais de leurs contrôles, le gouvernement américain cherche également à mieux connaître les réseaux grandissant de l'opposition syriennes. «Nous voulons savoir qui sont ces gens», a raconté un des agents au «Wall Street Journal» la semaine dernière.
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Selon le «New York Times», le gouvernement Obama chercherait même à étendre son aide apportée aux rebelles. Il s'agirait notamment de surveiller les campements et les mouvements des troupes de l'armée syrienne à l'aide d'images satellite et d'informations secrètes. Reste que l'organisation et la composition de l'armée syrienne libre est complexe et floue. «C'est très dur pour nous de différencier les bons des mauvais. Et si nous donnons des armes aux méchants, nous allons avoir un grand problème», a raconté Gordon Adams de l'American University à Waschington au «Huffington Post».
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Mis à jour (Vendredi, 22 Juin 2012 14:56) Chronique de Terre Sainte : "Jérusalem"Le Dôme du Rocher est splendide. Peu importe l’emplacement du photographe. Ça n’existe pas un mauvais cliché du Dôme du Rocher. De devant, de derrière, de près, de loin, de haut, en ¾, en plan, par vue panoramique ou aérienne. Quelle que soit l’angle de vue, la localisation, l’éclairage, les jeux de lumières ; le monument est consubstantiellement photogénique ! Seules les drapeaux de l’entité sioniste et les militaires qui déambulent autour portent atteinte à sa majesté, mais bon… passons… Le Dôme se situe sur l’Esplanade des Mosquées ou le Mont du Temple pour les juifs. C’est le premier ouvrage qui se voulut une création esthétique majeure de l’islam. A ses côtés Al Aqsa ; qui est la plus grande mosquée de la ville trois fois sainte et surtout, qui est citée dans le Coran : « Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur [Muhammad], de la Mosquée Al-Haram à la Mosquée Al-Aqsa dont Nous avons béni l’alentours, afin de lui faire voir certaines de Nos merveilles. C’est Lui, vraiment, qui est l’Audient, le Clairvoyant » [sourate 17, 1]. Car après les hébreux, les chrétiens, Jérusalem va devenir ville sainte pour les musulmans. En 638, la ville se rend sans combat, sans effusion de sang et ce sont les vainqueurs musulmans qui vont permettre aux juifs de revenir. C’est sur l’ordre du calife Abd Al-Malik que l’édifice est érigé. Pour les juifs, le Dôme est construit à l’emplacement de l’ancien Temple de Salomon qui abritait selon la Torah, le saint des saints ; l’arche d’alliance qui contenait les tables de la loi. Pour les musulmans, c’est simultanément leur ancienne qibla (point vers lequel on se tourne pour prier ; remplacé par la Mecque) et le lieu où le prophète Muhammad aurait effectué l’Isra et le Mi’raj (voyage nocturne et ascension au ciel) ; et depuis où il aurait dirigé une prière collective avec tous les prophètes depuis les débuts de la révélation divine ; d’Adam à Jésus en passant par Abraham, Noé, Moïse et tous les autres. C’est aussi là que Dieu aurait instauré les cinq prières quotidiennes. Pour les deux religions, c’est également le lieu où Dieu demanda à Abraham de sacrifier son fils (1), qu’Il substitua par un agneau [Coran 37, 101-109 et Genèse 22, 1-12]. L’Aïd al-Adha, qui est la fête la plus importante du calendrier musulman commémore cet événement, chaque année à la fin du grand pèlerinage de la Mecque. Enfin, lors de la création de l’Univers, le Mont du Temple de Jérusalem est considéré comme le point de jonction entre les cieux et la Terre… Le Dôme est l’élément central et majestueux de cet ensemble. Chaque dynastie maîtresse de la ville sainte depuis les Fatimides jusqu’aux Ottomans a cherché à poser son empreinte sur l’édifice en l’embellissant et en prenant soin d’effacer systématiquement le nom de leur prédécesseur pour le remplacer par le leur… On y retrouve les influences byzantines et perses qui sont les deux grandes sources d’inspiration de l’art islamique, formant une symbiose parfaite. Le Dôme est depuis des siècles le symbole de la ville éternelle et le troisième lieu saint de l’islam. Des chercheurs ont montré aussi les tenants eschatologiques de l’édifice afin d’appuyer la thèse selon laquelle le Dôme du Rocher est une préfiguration de la Jérusalem Céleste. Les inscriptions sur la fin des temps et le rôle de Jésus corrobore cette thèse. En effet, sur les 240 mètres entourant la construction figurent des versets coraniques dédiés au Christ ; rappelant qu’il est un prophète fondamental de l’islam et qu’il est bien né d’une naissance miraculeuse de la Vierge Marie. Et que c’est lui qui reviendra à la fin des temps pour sauver l’humanité. Toujours dans ce sens, sa forme octogonale rappelle celle d’un bâtiment sœur : l’Eglise du Saint Sépulcre qui dispose aussi d’un rocher à l’intérieur, le Golgotha où le Christ a été crucifié. Le Dôme a donc un plan similaire, mais magnifié. Ces dix dernières années, Israël n’autorisa l’accès à l’Esplanade des Mosquées qu’aux hommes et aux femmes mariés, respectivement âgés d’au moins 50 et 45 ans. Toutefois, depuis 2006, la zone fut rouverte à tous, avec des restrictions d’horaire, mais l’accès aux mosquées n’est pas permis aux non musulmans. Il faut franchir quatre sas de sécurité avant d’entrer, deux tenus par des militaires israéliens – avec au moins un soldat druze (ndlr : communauté religieuse arabe issus de l’islam) – et deux autres tenus par les arabes. On me demande mon passeport et de réciter al-fatiha, la première sourate du Coran. « Au Nom de Dieu, Le Tout-Miséricordieux Le Très-Miséricordieux […] Amen ». L’opération se répète trois fois. Je me déchausse enfin. J’entre. Mes mains tremblent de respect. Comme un petit enfant, mes yeux émerveillés partent dans tous les sens. Le décor est de bois sculpté, ornementé de motifs végétaux et de formes réalistes qui combinés entre elles donnent des formes irréalistes offrant des fluctuations infinis. Des joyaux en or sphériques y sont incrustés procurant du volume et des formes à la bâtisse. Sous le Rocher se trouve une grotte où l’ascension au septième ciel du prophète aurait eu lieu. Autre fait intéressant : c’est une mosquée mixte. Il n’y a pas d’espace particulier réservé aux hommes ou aux femmes. Durant les heures de prières, elle est réservée exclusivement aux femmes, tandis qu’Al Aqsa l’est pour les hommes. Dernier point, une troisième mosquée, peu connue, Vieux Al Aqsa se trouve sous la mosquée Al Aqsa. Composées de deux longs corridors horizontaux débouchant sur une grande bibliothèque. Après plusieurs heures passées à scruter dans les détails et à opérer à un bombardement de photos, je quitte l’Esplanade pour revenir dans la vieille ville. Je me rends compte ici à quel point les européens ne font plus d’enfants. Les rues de Jérusalem grouillent de gamins de tous âges jouant à cache-cache, au ballon et courant dans tous les sens. Au début, je pensais être tombé sur des sorties d’écoles, mais il n’en est rien ! Je note aussi avec joie que beaucoup de rues, de monastères ou d’échoppes portent des noms français. La France ayant été gardienne des lieux saints pendant de nombreuses années. La francophonie a d’ailleurs un réel potentiel dû à la présence des communautés arméniennes et des juifs du Maghreb qui restent très francophile. A l’heure du tout anglais, la défense de la langue française et de son génie fait office d’un combat politique. Une langue dépeint une vision du monde, elle suggère une façon singulière de le dire, de la penser et donc de le représenter. En la matière, la francophonie a un rôle essentiel à jouer. La protection d’une langue singulière comme le sont toutes les langues. Mais je m’égare… Tellement de combat à mener… Je marche de la porte des Lions, dans le quartier musulman, vers la Via Dolorosa. Où a eu lieu le chemin de croix du Christ. Il y a quatorze stations qui correspondent chacune à un évènement rapporté dans les évangiles. Les cinq dernières se trouvent dans l’église du Saint Sépulcre. La première station équivaut au lieu de sa condamnation. J’ouvre l’évangile selon Jean au chapitre XIX : « 19,1. Pilate prit donc alors Jésus, et Le fit flageller. 19,2. Et les soldats, ayant tressé une couronne d’épines, la mirent sur Sa tête, et Le revêtirent d’un manteau de pourpre. 19,3. Puis, ils venaient auprès de Lui, et disaient : Salut, roi des Juifs ; et ils Lui donnaient des soufflets. 19,4. Pilate sortit donc de nouveau, et dit aux Juifs : Voici que je vous L’amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en Lui aucune cause de condamnation. 19,5. Jésus sortit donc, portant la couronne d’épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit : Voici l’homme ! 19,6. Lorsque les princes des prêtres et les satellites Le virent, ils criaient, en disant : Crucifie, crucifie-Le ! Pilate leur dit : Prenez-Le vous-mêmes, et crucifiez-Le ; car moi, je ne trouve en Lui aucune cause de condamnation. 19,7. Les Juifs lui répondirent : Nous avons une loi, et selon notre loi Il doit mourir, parce qu’Il S’est fait Fils de Dieu. » La deuxième station est à côté du monastère franciscain de la Flagellation, où Jésus commence à porter la croix. Je reprends ma lecture : « 19,9. Et étant entré de nouveau dans le prétoire, il dit à Jésus : D’où es-Tu ? Mais Jésus ne lui fit pas de réponse. 19,10. Alors Pilate Lui dit : Tu ne me parles pas ? Ne sais-Tu pas que j’ai le pouvoir de Te crucifier, et le pouvoir de Te délivrer ? 19,11. Jésus répondit : Tu n’aurais aucun pouvoir sur Moi, s’il ne t’avait été donné d’en haut. C’est pourquoi celui qui M’a livré à toi est coupable d’un plus grand péché. 19,12. Dès lors, Pilate cherchait à Le délivrer. Mais les Juifs criaient, en disant : Si tu Le délivres, tu n’es pas l’ami de César ; car quiconque se fait roi se déclare contre César. […] 19,14. C’était le jour de la Préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Et il dit aux Juifs : Voici votre Roi. 19,15. Mais ils criaient : Ote-Le, ôte-Le ; crucifie-Le ! Pilate leur dit : Crucifierai-je votre Roi ? Les princes des prêtres répondirent : Nous n’avons pas d’autre roi que César. 19,16. Alors il Le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et L’emmenèrent. 19,17. Et, portant Sa croix, Il vint au lieu appelé Calvaire ; en hébreu, Golgotha. » Troisième station, Jésus tombe pour la première fois sous le poids dans sa croix. Quatrième station, il croise le regard de Marie, sa mère. Cinquième station, un cyrénéen, Simon, l’aide à porter sa croix. Sixième stations, Véronique essuie le visage de Jésus. Septième station, il tombe pour la deuxième fois. Huitième station, les femmes de Jérusalem pleurent sur lui ; Jésus leur dit « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et vos enfants ! ». Neuvième station, Jésus tombe pour la troisième fois. Dixième station, il est dépouillé de ses vêtements. Onzième station, il est crucifié… « 19,18. Là ils Le crucifièrent, et deux autres avec Lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. 19,19. Pilate rédigea aussi une inscription, qu’il plaça au-dessus de la croix. Il y était écrit : Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. 19,20. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, car le lieu où Jésus avait été crucifié était près de la ville. Elle était rédigée en hébreu, en grec et en latin. 19,21. Mais les pontifes des Juifs disaient à Pilate : N’écris pas : Roi des Juifs ; mais écris qu’Il a dit : Je suis le Roi des Juifs. 19,22. Pilate répondit : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » Douzième station, Jésus meurt sur la croix… Treizième station, on le descend de la croix et on le remet à sa mère. Quatorzième et dernière station, Joseph roule son corps dans un linceul et le met dans son tombeau… A chaque étape, j’ai des images de la Passion du Christ, de Mel Gibson qui me viennent en tête... Décidément on ne guérit pas du bourrage de crâne d’Hollywood du jour au lendemain ! Les légions de touristes sont partout. Le tourisme de masse détruit tout ; ça comme le reste… Je suis un des rares à ne pas appartenir à cette race et je suis probablement le seul pratiquant non croyant. Le Saint Sépulcre est partagé entre six branches de la chrétienté. Les grecs orthodoxes, les franciscains et les arméniens orthodoxes possèdent la plus grande partie, rejoints par les coptes et les syriens orthodoxes. Finalement, les éthiopiens qui pour des raisons obscures n’ont jamais eux le droit à un espace dans l’église… Il se retrouve donc sur le toit ! Et c’est la même famille musulmane qui détient les clefs de l’église depuis Saladin. A l’entrée se trouve la Pierre de l’Onction ou le corps de Jésus de Nazareth fût lavé. Les fidèles s’y prosternent, l’embrassent et y frottent des objets ; croix, bibles, chapelets, etc. Sur la droit, en montant les escaliers, l’autel de la crucifixion, décorée avec de très vives icônes d’or scintillantes. Enfin, sur la gauche, l’édicule où le corps fût déposé... Une queue interminable patiente. Les paquets de touristes, les iPhone, les bousculades, les tenues légères et peu appropriées des demoiselles me fatigue. Il faudrait chasser les marchands du temple à nouveau. Je quitte le lieu. Je suis attiré comme un aimant par l’Esplanade, mais je me retrouve juste en dessous, au Mur des Lamentations. Le Mur est la seule partie restée authentique de l’époque d’Hérode, d’où la raison de la foi qui l’habite. Il ne s’agit pas d’une façade de l’ancien Temple, mais d’un de ses remparts. Les croyants y glissent des prières dans ses fentes. Il est considéré comme étant aujourd’hui l’endroit le plus proche du saint des saints et donc le lieu le plus sacré du judaïsme. Chronologie des événements : en 973 av. J.C, David y fait construire le premier temple. Fin du 6ème av J.C, le temple est détruit par Nabuchodonosor roi de Babylone qui rase la ville. Cinquante ans après, Babylone est vaincu par Cyrus roi des Perse. Qui autorise les juifs à rentrer et finance la construction du second temple. Esther séduit Cyrus et devient la première impératrice juive à régner sur la Perse. Elle sauve le peuple juif. La fête de Pourim commémore chaque année cet épisode. Fait peu connu des juifs eux-mêmes, Pourim est en fait, une version judaïsée de célébrations et de festivité persanes. Les rapports entre l’Iran et le peuple juif sont donc bien plus profonds que ce qu’essaye de nous faire croire Laurence Ferrari ou David Pujadas et France Télévisions, avec leurs visions Disneyland et manichéenne de cette nation plurimillénaire. En deux mots, l’Iran abrite la plus grande communauté juive du Moyen-Orient après Israël. Il y a vingt-cinq synagogues rien qu’à Téhéran et l’un des seuls hôpitaux juifs au monde (2). Les juifs disposent de représentants au parlement et ont des privilèges républicains ; ils ne sont pas soumis à toutes les obligations des musulmans, comme l’interdiction de boire de l’alcool, par exemple. Il y des dizaines de lieux saints du judaïsme en Iran ; tombeau du prophète Daniel à Suse ou les mausolées de Habakkuk, d’Esther et de Mordecai à Hamadan. Vous voulez encore plus surprenant ? L’ancien président israélien, Moshe Katsav est iranien ! Mieux ! Shaul Mofaz, chef suprême de l’état-major des forces israéliennes est né à Téhéran, sa première langue est le persan, ses parents sont originaires d’Ispahan ! Bref, pour revenir au sujet ; de l’autre côté du Mur, se trouve le Mont des Oliviers ; une colline qui offre une vue imprenable sur la ville. La première impression est celle d’un immense cimetière juif. 150 000 tombes ! C’est le plus grand cimetière israélite au monde. Selon la tradition juive, Machia’h (le Messie) traversera la colline avant d’entrer dans la ville par la porte d’Orée, qui donne sur l’Esplanade des Mosquées. Les personnes y étant enterrées seront les premières à être ressuscité. Mechia’h doit par ailleurs, être précédé par un prophète ; Elie, qui appartient à la ligné des Cohen ; et qui pour des raisons de pureté n’a pas le droit d’enter dans les cimetières [Lévitique 21, 1-5 et Ezéchiel 44, 25]. Soliman le Magnifique ayant entendu la prophétie de Machia’h et voulant la contrecarrer, fît fermer la porte d’Orée et installa un grand cimetière musulman devant. Voilà pourquoi Jérusalem est une ville trois fois sainte. Toujours perçue à travers l’histoire comme un trophée de guerre ; des Pharaons à Saladin. En synthèse : foi qui s’y façonne puis rivalise, tolérance, intolérance… Ville étroitement liée aux visions que les hommes ont de leurs croyances voir de leur mysticisme. Une foi tout de même d’une incroyable durée puisque ce qui a été dit et cru, il y a 1 400 ans, 2 000 ans ou 3 000 ans exerce encore une fascination intacte sur des centaines de millions d’âmes. Le soleil se couche. Je dois repartir. Déjà… Un dernier regard sur la ville et je récite dans mon cœur ce psaume sublime : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite se dessèche ! Si je t’oublie Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! Que ma langue se colle à mon palais, si je perds ton souvenir, Si je ne te mets pas Jérusalem au plus haut de ma joie ! » -(1) Son premier fils, Isaac, pour les juifs et son second fils, Ismaël, pour les musulmans. (2) Il n’en existe que quatre au monde. Le plus connu étant celui de Cedars-Sinai à Los Angeles.
Chronique à suivre de notre camarade actuellement en Palestine Mis à jour (Mardi, 12 Juin 2012 09:35) Chronique de Terre Sainte : "Bethléem… et le mur"
J’ai visité Bethléem aujourd’hui. Je suis définitivement sous le charme ! Tellement d’histoire, tellement de choses à voir dans un si petit recoin de terre ! C’est hallucinant ! J’ai prié à la Basilique de la Nativité où le Christ est né. Edifice modeste. Au sous-sol, on découvre une grotte et une étoile à quatorze branches. C’est là que tout a commencé… C’est dans cette toute petite bourgade palestinienne où il y a deux mille ans, l’une des plus belles histoires de la civilisation a débuté. Dommage toutefois, que la proportion soit de 99% de touristes/photographes pour 1% de réel pèlerin… Plus émouvant, il n’est pas rare de voir des pèlerins musulmans venu d’Inde, se déchausser à l’entrer pour se recueillir auprès d’Issa et demander grâce au Tout-Puissant. Attestant encore une fois que musulmans et chrétiens ont un destin commun. Pour faire un peu d’histoire ; quand les musulmans ont conquis la ville, il y a treize siècles, le calife Omar s’est agenouillé devant et a prié. Le patriarche surpris, lui propose alors de prier à l’intérieur. Le calife décline, en expliquant que s’il prie dedans les musulmans voudront ensuite construire une mosquée pour commémorer l’endroit où il a prié et détruiront ainsi l’église. Et en effet, les musulmans ont bien construit une mosquée (qu’on peut encore visiter) en face de l’église là où Omar c’était agenouillé. Tout aussi surprenant en l’an 614 quand les Perses s’emparèrent de la ville, et qu’ils l’a mirent à feu et à sang ; la Basilique de la Nativité reste miraculeusement épargné, car les soldats sont émus par la représentation des Rois mages qui portent des vêtements perses… Autre édifice majeur de la ville, le tombeau de Rachel, femme de Jacob décédé en donnant naissance à Benjamin, qui est vénéré par les juifs, les chrétiens et les musulmans. Pardon ! En parlant d’autre édifice majeur, je devrais plutôt parler du mur de séparation. Bien que le tombeau fait partie intégrante de la Cisjordanie, il se trouve de l’autre côté du mur. Les palestiniens n’y ont donc pas accès. Muni du sésame rouge à croix blanche, je n’ai aucun problème à franchir ce qu’on appelle ici la clôture de sécurité ; qui est en réalité un mur en béton armé de plus de 700 km de long avec miradors, caméras et mitrailleuses ultras modernes. Plus cocasse, il est aussi devenu le support d’œuvres d’art engagé absolument sensationnelle. C’est d’ailleurs fascinant de voir comme les palestiniens se le sont réapproprié. On peut y découvrir entre autres, quelques perles du talentueux et mystérieux Banksy (NDLR : la 7e photo ci-desssous). Cette appellation abusive de clôture de sécurité n’est pas la seule à faire partie de la bataille des mots. Tsahal par exemple, au lieu de dire comme partout, armée. En nommant ainsi l’armée israélienne par ce terme abscons - comme on appellerai l’équipe de football de France les Bleus - on occulte tout le champ lexical que le mot armé produirai sur le citoyen lambda ; guerre, arme, mort, sang, etc. Horizon qui est définitivement masqué par l’usage de ce terme obscur. La mécanique de communication – c’est-à-dire de propagande- reprise par la communauté internationale est bien rodée. Tous les jours, toutes les semaines, tous les mois, ce qu’on a envie d’entendre nous est dit. Processus de paix, feuille de route, accord de je ne sais quoi… Ce matin tenez ! Sur France Culture – inculture devront-on dire - Relance ! Optimisme nouveau ! Netanyahou rencontre machin ! Retrait des colons (on en enlève huit) et on en fait trois colonnes en première page du Monde « Tsahal a déplacé de force huit colons d’Hébron » les pauvres chéries… Et ce qui n’est pas dit mais qui a lieu : expropriation, destruction des maisons, prolongement du mur, colonisation, détention de prisonnier, encerclement des localités palestiniennes, meurtre ! et j’en passe est ainsi oublié. En écoutant France Culture le matin, il y a toujours une note d’espoir en Palestine : Tzipi Livni qui a fait un sourire, nouveau round des négociations à Amman, bla-bla-bla… Si Israël à dix mille prisonniers et qu’on en libère cinq : deux titres sont possibles dans la presse : « Israël maintien en détention parfaitement illégale et abusif 9 995 prisonniers », ou « Israël fait un geste et libère cinq terroristes » ! Et c’est évidement la deuxième version qui l’emporte tout le temps. On a ainsi comme le dit si bien Régis Debray, notre dose, notre piqure quotidienne de rappel, qui nous faire dire « Ah oui ! C’est quand même en train de progresser ». Or, on sait que ça sera encore pire l’année prochaine ! D’ailleurs, c’est encore pire l’année prochaine. Brandir des slogans, des marionnettes telles que la paix, le retrait font partie de la stratégie médiatique visant à dompter l’opinion publique. Prenez ce critère pour lire la presse, ça marche systématiquement. Et pourquoi ça marche si bien ? Parce que les discours de domination passent toujours pour des discours de libérations. L’ingérence humanitaire cher au Docteur Sac de riz ou " la guerre pour sauver des vies " de Botul-Henri Lévy, nous donne ici : " Je tape sur le Hamas. Mais c’est pas pour faire mal aux palestiniens ; c’est pour libérer la femme palestinienne ! " Voilà le tour de passe-passe ! Avec toute la rhétorique coloniale. Libérer la femme palestinienne en cassant son père, son frère et son fils…
Chronique à suivre de notre camarade actuellement en Palestine Reportage photo sur le site d'E&R : http://www.egaliteetreconciliation.fr/Chronique-de-Terre-Sainte-Bethleem-et-le-mur-12104.html Mis à jour (Vendredi, 01 Juin 2012 01:24) Chronique de Terre Sainte : "L’aéroport"
13:05 : départ de Genève avec Easyjet. Je me dirige vers un steward : - Monsieur vous devez enregistrer vos bagages à la borne avant d’entrer ! - Ma destination n’y figure pas… - Où allez-vous ? - Tel-Aviv. - Ah ! okay… Passez en Speedy Boarding, s’il vous plait. J’ai deux bagages à main et 11 kilos en trop, mais l’hôtesse envoie le tout en soute sans demander aucuns frais. - Merci madame, j’apprécie. Elle appelle sa supérieure qui vérifie une deuxième fois mon identité et me précise de me rendre au moins une heure à l’avance à la porte embarquement. J’obtempère en souriant. Après le premier contrôle classique, un deuxième à lieu juste avant de prendre le bus qui nous mène à l’avion. 18:15 : arrivée à Ben Gourion. A la douane on me demande le but de mon voyage. Puis, « Quel est le nom de votre père ? de votre grand-père ? » …ce qui n’arrange pas la situation. On garde mon passeport et on me demande d’attendre sans explication. Après vingt minutes une dame m’emmène dans une petite salle. Une demi-heure après, on m’emmène dans une deuxième salle. Nous sommes une dizaine à attendre. Des policiers en civil se baladent et posent des questions. Finalement mon tour vient. Une policière m’interroge, l’autre prend des notes sur ordinateur. On me pose des tas de questions répétitives sur les intentions de mon voyage et mes origines. Et puis la question fatidique « Where are you born ? » J’hésite une seconde… et puis allez ! J’y vais : « … Iran ». Ca y est le mot tabou est lâché ! Pas besoin de dire qu’il a fait l’effet d’une bombe ! Je voyais dans leurs regards et pouvais même lire leurs pensées « Iran and Al-Qaida ! » « Nuclear power » « Terrorism ! » « Mass destructive weapon » « Women’s right » « Terrorism ! » et toutes les inepties de la TV Lobotomie… Heureusement, j’ai une amie d’enfance (juive américaine) qui vit en Israël et qui m’a dit que je pouvais donner son nom comme personne de référence en cas de problème, en disant que je venais pour son mariage. Les policiers l’ont appelée, interrogée, ont pris son numéro de passeport, et nous ont bien saoulés comme il le faut. Mais bref, je pense que sans elle, je ne serai jamais entré. Au passage, la seule "démocratie" du Moyen-Orient, la villa au milieu de la jungle m’a fait ouvrir mes emails et taper des mots clefs et fait ouvrir certaines de mes correspondances. Ils ont également pris notes de toutes mes adresses email, mes numéros de téléphones fixe et portable, etc… 22:30 : Je passe enfin la douane. Avec un visa de deux mois, (au lieu des trois mois que j’avais demandé et auxquels j’avais droit) mais chanceux quand même puisque, derrière moi, les deux personnes attendant depuis bien avant moi– vu l’état de leurs visages –, ne semblent pas près de sortir…
Chronique à suivre de notre camarade actuellement en Palestine Bachar al-Assad dénonce le massacre des Palestiniens de Gaza
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